les dessous de ma tente

Les dessous de ma tente :

 

 

Pièce pour 4 femmes et 4 hommes

 

 Scène 1 :                                       

(Sur une musique, on voit en ombre chinoise, Betty qui se trémousser dans une tente.

Elle sort de la tente, en petite tenue, maillot de bain et une petite nuisette par-dessus. Un casque sur les oreilles tout en continuant à se trémousser.

D’un coté de la scène débarque Stan dans une tenue improbable qui lui parle. On n’entend rien, on est avec elle dans le casque. Elle lui tourne le dos. Il parle de plus en plus fort. Elle se tourne le voit et enlève son casque)

Stan : (En hurlant)……quoi tu ne me réponds pas. On doit encore chercher des affaires dans la voiture (il est en train de hurler)

Betty : cries pas comme ça, je ne suis pas sourde.

Stan : Ahh,… J’ai besoin d’un coup de main pour vider la voiture. Tes copines vont arriver et on n’est pas encore prêt.

Betty : ok, j’arrive. (Elle part coté cour)

Stan : Heu, Betty, tu t’habilles ? (Elle s’arrête et revient vers lui)

Betty : ah euh, oui j’arrive de suite. (Elle remet son casque, on entend de nouveau Superbus. Elle rentre dans la tente, en ombre chinoise, elle enfile son pantalon et ressort de la tente en essayant de s’arranger au mieux, marche et se tourne public, fait la moue, enlève son casque et sort de scène. Son mari revient un sac en main, coté jardin près de la tente. Il a son téléphone à l’oreille. Il pose son paquet.)

Stan : oui allo ? Sophie? Sophie, Sophie ha oui, Sophie,  mais tu es folle d’appeler ici, je suis dans un camping avec ma femme, elle va revenir, raccroche…. Quoi ? (Il ne s’occupe pas de la conversation, il surveille l’arrivée de sa femme) Ton mari… oui et alors ?..... Comment ça, il est au courant ? (Là, il s’intéresse)......Tu lui as dis…. Ha tu as craqué, bon d’accord….Et maintenant ?.....il t’a pardonné, super, bon alors tout va bien……Quoi moi ?.......Il veut me tuer ?  Mais pourquoi, je ne suis que l’amant……Raisonne-le, explique-lui qu’on ne tue pas un homme pour des bêtises pareilles, enfin quoi ! En plus tu lui as avoué, bon, ce n’est pas malin en soi, mais bon, faute avouée à moitié pardonnée. Il t’a pardonné, mais pas à moi……mais il ne me connait même pas. Dis-lui qu’on ne tue pas un homme qu’on ne connait pas, ça ne se fait pas...Il va me connaitre ! Mais non…il va venir me voir….Pour faire connaissance ? Quoi ?....pour me tuer !... (Il regarde le cadre, il rigole) Bon, il devra d’abord me trouver. Ca devrait  nous laisser un peu de temps. Allons bon Stéphanie…euh… Sophie, Sophie, non, Stéphanie, c’est personne, on s’en fout….On ne s’en fout pas ? C’est la gamine de la tente à coté qui joue. Va jouer ailleurs petite Stéphanie……T’es là, Sophie ? (Un grand silence) Ben, pourquoi tu pleures ?.....ça te fait de la peine pour moi (soulagé)….C’est gentil, mais tu aurais, peut-être, pu y penser avant de tout balancer à ton mari, tu ne crois pas ? De toute façon, il ne me trouvera pas ici, aucun risque ! Il a dit qu’il savait ou me trouver…..Tu crois ? (L’angoisse monte).....ha bon…..ho non, ….Ha  quand même…..Oui, je vais faire attention, t’inquiètes pas,….oui, bon week-end et, occupe-toi bien de ton mari. Il n’aura peut-être pas envie de venir. Au revoir. (Il raccroche.) Bon Sophie…C’est laquelle celle-là ? (il regarde son tel en doutant de l’avoir éteint.... Il se balade de droite à gauche) me trouver ici, bien sûr, ce sera difficile, mais avec les cocus, faut se méfier, ils sont tenaces, ils s’accrochent, ha oui, il est capable de me trouver l’animal. Restons sur nos gardes !!! (Il a toujours son tel en main. Betty revient avec des sacs)

Betty : tu appelais qui ? (Il planque son tel)

Stan: ho euh, un client, un casse pied, terrible.

Betty : on range ? (Elle va vers la tente. Il la suit en regardant partout autour de lui, inquiet.)

Stan : t’as invité qui exactement ? (Ils rentrent dans la tente)

 

Scène2 :                      

(Une femme entre sur scène en tenant un plan en main. Elle cherche.)

Sarah Je crois que c’est là ! Un peu paumé comme endroit. Tu viens ?

Paul : (en voix off) : J’arrive, il est lourd ton sac et t’en as pris que pour un week-end. (Il entre en scène). C’est ici ? En tout cas, c’est mieux que le camping d’où on vient. (Il reste écarté d’elle)

Sarah : Guère plus. Et si tu ne t’étais pas trompé avec le camping du village d’à coté, on serait arrivé depuis longtemps « T’inquiètes pas, je suis sûr de mon coup, c’est ici »

Paul : Ho, c’est facile ça ! Tout le monde peut se tromper et en plus ils sont très faciles à confondre ces deux campings. On a perdu une petite demi-heure, alors… C’est sympa, tranquille.

Sarah : Non, c’est un trou.

Paul : Bof, moi, j’aime bien.

Sarah : Non, toi tu aimes bien Betty. C’est pour ça que tu as voulu venir.

Paul : Raconte pas n’importe quoi, Je suis sorti avec Betty il y a plus de 20 ans et c’était une amourette de jeunesse, c’est tout.

Sarah : ça suffit. T’as intérêt à faire gaffe, sinon, je rentre direct. (Elle fonce vers lui chaque fois qu’elle l’attaque)

Paul : Mon canard, fais-moi confiance, c’est oublié, et puis, 20 ans après, elle doit être devenue vachement moche.

Sarah : elle l’était déjà quand vous tourniez autour comme des mouches après du miel.

Paul : Non, tu éxag….. (Elle se tourne vers lui, féroce) Oui, c’est vrai, elle n’était déjà pas terrible, mais c’était quand même ta meilleure amie.

Sarah : Non, je la supportais à peine, mais comme tous les garçons tournaient autour. ….Je me demande ce qu’ils lui trouvaient.

Paul : Belle, sexy, charmeuse………………… (Elle fonce de nouveau) mais non, je déconne, mon canard.

Sarah : Ouaip, ouaip, fais gaffe quand même, je t’ai à l’œil.

Paul : Ho, arête, Tu me connais ? Pour moi, il n’y a que toi, mon canard. T’es trop jalouse, ça va te porter la poisse à force.

Sarah : Moi, jalouse ? Mais on ne peut pas être jalouse de toi, mon Paulo.

Paul : Et pourquoi pas ? Je plais encore… (Elle le regarde, et fait la moue) Enfin je pourrais. Il en faudrait peu, d’ailleurs.

Sarah : Quoi, ça veut dire quoi ? (Elle lui vole dans les plumes) T’as une maitresse ? C’est ça hein, dis-le que t’as une maitresse. Me faire ça à moi qui te donne tout. (Elle se recule et le regarde) Une maitresse, toi ! Ce n’est pas possible.

Paul : Mais non, pourquoi faire ?

Sarah : Je suis sûr que t’as une maitresse………………

(Betty arrive de la tente)

 

Scène3 :                                              

Betty : Ha Sarah, c’est toi ?, comme je suis contente, tu n’as pas changé.
Sarah : Oh, Betty (elle est tout sourire) Comme tu es radieuse, tu l’as toujours été et  si jolie…et tu l’es restée…encore un peu. Tu n’as presque pas changé. (Elles s’embrassent) Je ne te présente pas Paul. Tu le reconnais, même si, lui a beaucoup changé depuis le temps

Betty : Oh, Paul, bonjour, non, je ne trouve pas. Juste un peu plus de charme, c’est tout. Contrairement à moi qui ai dû beaucoup changé. Tu sais une femme en 20 ans…….

Paul : Oui, ça, je sais…. Ho non, toi, tu n’as pas bougé en 20 ans, j’ai l’impression de me retrouver au bahut.

Betty : Flatteur, va.

Sarah : Bon Paul, on va chercher les affaires.

Paul : Oui, bien sûr, on revient.

Betty : Non, non, je vous accompagne, je vous montre le camping au passage. Pose ton sac, Paul.

(Ils partent. Stan sort de la tente le téléphone à l’oreille)

 

Scène4 :                                                   

Stan : Non, je ne peux pas venir te voir ce week-end, je suis avec ma femme et des amis à elle en camping dans un trou paumé… Je ne peux pas m’absenter… oui, je vais la quitter… Bientôt, oui,….non, pas tout de suite, il va falloir du temps elle est sensible en ce moment…parce que c’est une femme… Vous êtes toujours sensibles, oui, toi aussi, mais je passerai te voir lundi soir, humm mm, et sois gentille, mon amour, arrête de m’appeler , oui, de tout le week-end…oui, je pense à toi… (Pendant ce temps, Paul revient, dos à Lui) Oui, je t’aime ….bisous… moi aussi… oui, ma puce…oui, je te fais pleins de câlins…oui, raccroche maintenant…oui, moi aussi…. tu vas raccrocher, oui !!! (Il raccroche dans un soupir.se retourne et voit Paul)

Stan : haha haha

Paul : bonjour

Stan : Bonjour, je j’étais juste avec une cliente.

Paul : oui, oui, bien sûr, ... Je ne vous voyais pas du tout comme ça.

Stan : ha bon ?

Paul : non, plus…. Et, plus…..enfin pas comme ça quoi !!!

Stan : On se connait ?

Paul : non, pas vraiment, mais j’ai beaucoup entendu parler de vous.

Stan : ha bon, par qui ?

Paul : par ma femme.

Stan : (à part) oullalala, c’est déjà le mari, les cocus c’est tenace et rapide. Pardon, Ce n’est pas ce que vous croyez ? Les gens s’imaginent des choses.

Paul : ha bon, alors c’est quoi ?

Stan : c’est une cliente, une simple cliente, voilà, c’est tout…. On fait des affaires, on déjeune, des fois même on se rend service  et voila, on fantasme, on imagine et hop, …..Mais non, ce n’est pas ça du tout, vous connaissez les femmes, elles se font une montagne de tout.

Paul : oui, oui, bien sûr, les femmes, n’est-ce pas ?

Stan : (à part) il ne me croit pas. Vous êtes venu les mains vides ?

Paul : Ho non, vous connaissez les femmes !!

Stan : ha ça oui, (à part) c’est bien ce que je craignais.

(Paul se penche sur son sac et l’ouvre).

Stan : c’est votre sac ?

Paul : oui 

Stan : Vous n’allez pas le sortir maintenant ?, on peut discuter un peu avant. Soyez compréhensif, discutons, ce n’est pas si grave, (il s’agenouille en face de Paul qui sort des clés de voitures de son sac)

Paul : je les avais oubliés, je vais aller chercher mes affaires.

Stan : ha, vous avez laissé le … Dans votre voiture ?

Paul : le …? Bougez pas, je reviens avec les affaires… Vous avez tout de même une très belle femme et beaucoup de chance.

Stan : Vous connaissez ma femme ?

Paul : ben oui, quand même.

Stan : Et vous avez parlé avec elle ?

Paul : ben oui.

Stan : vous l’avez mise au courant, forcément.

Paul : au courant de quoi ?

Stan : De … Bof, ce n’est pas grave, une fois mort, tout ça n’aura plus d’importance.

Paul : Mort ? Vous avez le temps, vous ne croyez pas ?

Stan : ça ne dépend pas de moi.

Paul : Oui, bien sûr, mais, nous en sommes tous là. Mais n va essayer de passer un bon week-end avant.

Stan : Vous pensez que ça va vous prendre tout le week-end ?

Paul : Ben, on est là pour ça, non ? Ma femme m’a dit que vous travailliez beaucoup, mais vous êtes vachement surmenés, mon vieux, profitez du week-end pour vous détendre un peu. Je reviens.

Stan : En plus, il fait de l’humour, bon ben, voila on y est, c’est la fin. Je vais mourir, c’est dur de mourir au printemps.

 

Scène5 :                                                

(Il se tient droit sans bouger. Les femmes arrivent en papotant. Elles voient Stan et s’arrêtent. Un silence)

Betty : Stan, je te présente Sarah.

Sarah : Bonjour.

(Elles se regardent)

Betty : Stan ? Stan, ça va ? Stan ? (Elle fait un clin d’œil à Sarah et elles font péter un sac dans un grand bang ou c’est le traducteur sourd qui le fait. Il tombe sur le sol)

Stan : ça y est, je suis mort. (Betty lui saute dessus par jeu et le retourne. Sarah se penche à coté de Betty. Il se tourne vers elle et ouvre les yeux.) Ça y est !déjà les anges.

Sarah : Bonjour Stan.

Betty : Stan, tu es là ? Ça va ?

Stan : Donc, je suis vivant.

Betty : ben, j’espère, mon chéri. Je te présente Sarah. Sarah, je te présente Stan, mon mari.

Stan : Euh, enchanté. Moi, c’est Stan et vous ?

Betty : Enfin, Stan, je viens de te dire que c’est Sarah.

Stan : Donc, je ne suis pas mort, vous êtes Sarah et vous n’êtes pas un ange.

Sarah : Il est gentil ton mari. On ne m’a jamais prise pour un ange… Je n’ai pas des ailes qui poussent ?

Betty : Stan, tout va bien ?

(Il se retourne à plat ventre, la tête sur les mains)

Stan : pour un mort en sursis, je ne vais pas trop mal. (Il se relève et sort de sa léthargie)

Stan : Betty, on a des trucs à se dire.

Sarah : Euh, je dérange, peut-être. Je vais retrouver…..Mais, vous avez dû voir mon mari ?

Stan : Votre mari ?...C’est qui ?

Betty : Mon chéri, Paul est le mari de Sarah. Il est allé chercher les affaires dans leur voiture.

Sarah : Vous avez dû le croiser. Il est, comment dire… pas du tout votre classe. Il est venu chercher les clés de la voiture. Oui, les clés qu’il avait oubliées dans son sac.

Stan : euh… Les clés de la voiture… Elles ont un gros pompon ces clés ?

Sarah : Vous aussi, vous avez remarqué. Et, il n’est même pas fan de foot. IL adore ce genre de gadget débile

Stan : Donc, il est passé… Donc, c’est votre mari.

Sarah : hé oui, c’est Paul.

(Stan entoure les deux femmes de ses bras et part dans une farandole. Paul arrive deux gros sacs à bout de bras. Il les regarde perplexe.)

Paul : Je vois que vous faites connaissance. (Le groupe s’arrête et Stan va vers Paul qui lui tend la main. Stan se précipite sur lui et le prend dans ses bras.)

Stan : c’est donc, vous ce cher Paul, ce fameux Paul dont j’ai tant entendu parler. Comme je suis content de vous voir Paul ; ah, comme j’aime ce prénom Paul. Il vous va à ravir. Paul Si, si, si, je vous aime déjà Paul.

(Les trois le regardent un peu paf. Paul lui tapote l’épaule)

Betty : Stanislas, je te présente Paul, le mari de Sarah.

Paul : Je les pose ou ? (Il a deux sacs à bout de bras)

Betty : Ho pardon Paul, venez, je vous montre… On a déjà déposé nos affaires.

(Paul et Sarah suivent Betty. Stan reste seul. Il souffle, soulagé)

Stan : bon, qu’est-ce que je vais faire ? De toute façon, je savais qu’il ne pourrait pas me trouver ici. Dans ce trou paumé. Un mari jaloux est capable de tout, même de me retrouver ici, au milieu de nulle part… Les cocus, bon, d’accord c’est tenace, mais pas intelligent, non ? Bon, voilà. Il ne me trouvera pas ici. Je vais me détendre et essayer de profiter de ce week-end. D’autant que c’est peut-être mon dernier week-end. A mon retour, je ne vais pas arriver à l’éviter facilement.

(Noir)                                                                          

Scène 6:                                                  

(Paul, un peu plus tard, tout seul sur scène. Il déballe quelques affaires.)

Paul : Pffff, elle est vraiment terrible à me surveiller tout le temps. Paul, qui est cette fille ? Paul, d’où tu la connais ? Paul, tu as ton regard lubrique. Paul, tu ne penses qu’au sexe. Paul, tu es un obsédé…..Merde, Paul te dit Merde, à la fin. Presque vingt ans qu’on est marié, presque vingt ans que je n’ai pas fais le moindre pas de coté. Elle me gonfle alors qu’il n’y a pas plus fidèle que moi. Elle aussi, bien sûr, mais elle, c’est normal. Ça ne lui vient même pas à l’esprit de coucher. Pas comme d’autres, Stan, le mari de Betty…. La pauvre Betty. Pourquoi chercher ailleurs, quand on a une femme aussi jolie que Betty à la maison ? Si, si, faut le dire, Betty est toujours aussi jolie. Elle n’a vraiment rien perdu de son charme. J’ai été con, il y a vingt ans. Petit à petit, j’ai abandonné, trop pour moi, je ne me sentais pas à la hauteur. Tous ces gars qui assuraient, qui étaient les vedettes du bahut lui tournaient autour.  Je n’y ai pas cru ? J’ai surement eu tord. Quelle belle femme, elle est restée. Et, elle a l’air très gentille, plus douce qu’à l’époque, plus mûre quoi !

Betty : Qui est plus mûr ? Tu parles tout seul, Paul ? Tu étais déjà très solitaire à l’époque.

Paul : Oh, Betty, tu étais là ?

Betty : non, j’arrive.

Paul : Je parlais tout seul. Des souvenirs. J’ai toujours aimé le calme, être loin du tumulte.

Betty : c’est ce que j’aimais chez toi. Moi, j’aimais le monde, le bruit. Jeune écervelée ! Tu me faisais aimer le calme. J’étais bien loin de tous ces garçons qui se sentaient obligés de me prouver une tonne de choses. Toi, non, tu étais naturel et calme.

Paul : Oh non, j’étais surtout incapable de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit.

Betty : Oh Paul, tu es trop modeste. C’était une belle époque. J’y pense souvent avec nostalgie. On était bien. J’ai jamais compris pourquoi ça n’a pas marché nous deux.

Paul : Ben…je ne sais pas, sûrement de ma faute. Tu sais, j’ai beaucoup de regrets, aujourd’hui.

Betty : Il ne faut pas, Paul, tu es bien avec Sarah.

Paul : Oui, on fait aller. Elle, non plus, n’a pas changé. Elle était déjà égoïste et autoritaire, mais je ne le voyais pas à l’époque.

Betty : Tu exagères, elle n’a pas changé, c’est vrai mais c’est une très jolie femme et elle a un caractère très entier.

Paul : Et toi, avec ton mari, ça ava ?

Betty : Oh Stan a sa vie, son boulot qui occupe cinquante pour cent de son temps et sûrement une maitresse dont il s’occupe le reste du temps.

Paul : Tu es au courant ?

Betty : pas vraiment, mais je m’en doute. Quand un homme part tôt, rentre très tard et ne regarde plus sa femme, pas besoin de chercher loin.

Paul : Tu acceptes ?...Ou tu fais pareil.

Betty : Non, j’ai eu assez de petits copains étant plus jeune, aujourd’hui, j’aspire à la tranquillité, pas forcément à être comblée. Cette vie me convient. Il me laisse tranquille et à l’abri du besoin. Ça me suffit. Mais je me souviens tout de même de notre jeunesse avec une grande tendresse.

Paul : Moi aussi (ils se rapprochent)

 

Scène7:                                                 

Isabelle (qui arrive d’un coup) : Bonjour, excusez-moi, je cherche…..Oh Betty…Paul, salut vous deux. Ç a y est, je suis arrivée.

Betty et Paul : Salut Isa

Isa : Vous n’avez pas changé du tout. Je vous ai reconnu de suite. Ça va ? Je suis  super contente de vous voir.

Betty : Toi, par contre, ma chérie, tu as vachement changé et comment tu es habillée ?

Isa : Ben quoi ? J’ai vieilli tant que ça ? Tu m’aurais reconnue, non ?

Betty : Oh oui, mais ce n’est pas ça. T’es super jolie mais super bien fringuée.

Paul : T’étais plutôt…comment dire ? Baba cool, quoi ! Les cheveux n’importe comment et sapée comme l’as de pique très large, space quoi.

Betty : Et là c’est beaucoup plus serré à la taille.

Isa : Après le lycée, j’ai vite abandonné le look baba, c’était un costume qui avait trop d’inconvénient. Alors que celui-là est plus pratique et intéressant, entre autre avec les hommes. On me regarde plus comme ça, enfin on me regardait plus, mais je vous rassure, j’ai gardé des séquelles du temps des babas cools, vous verrez tout à l’heure.

Paul : j’imagine, mais quel changement, tout de même.

Betty : Tu es venue seule, ton copain n’est pas avec toi ?

Isa : Si, si, il vient un peu plus tard, il avait des trucs à faire. Il a toujours des trucs à faire et je ne préfère pas savoir ce que c’est…..Et vous deux ? Tu m’as dis que tu étais mariée au téléphone, mais tu ne m’as pas dis que tu étais restée avec Paul, ça fait plaisir !

Betty et Paul : non, non, on n’est pas ensemble.

Isa : Ha bon ? Excusez-moi, il me semblait….

Betty et Paul : Non, non.

Betty : Stan, mon mari est allé chercher quelques trucs au kiosque du camping, il va arriver.

Paul : Et moi, je suis marié avec Sarah.

Isa : Sarah, Sarah ? Notre Sarah ? La ch…..ch…..charmante Sarah ? Ha oui, je...enfin, pourquoi pas…félicitation, je ne savais pas.

Sarah (qui arrive) : Paul, viens m’aider, je n’arrive pas à...

Isa : Bonjour Sarah.

Sarah : …Isa ? Salut Isa, ça va ?

Isa : Salut Sarah, bien et toi ? Tu s très en forme.

Sarah : Toi aussi, tu es…tu es resplendissante et tu n’as pas changé.

Paul : Si, Sarah a beaucoup changé.

Sarah : Paul, enfin.

Paul : Si, elle a changé.

Sarah : Paul, ne sois pas désagréable. Isa est encore très bien.

Paul : Oui, c’est le moins que l’on puisse dire. Je parlais de son look.

Sarah : Vu comme ça, oui, c’est vrai, elle a un peu changé.

Isa : Ben non, j’espère que Paul a raison, que j’ai beaucoup changée. En bien ?

Betty : Mais oui, bien sûr, tu es superbe. Tiens, voilà Stan.

Stan : Faut acheter des tickets de rationnement, ils n’ont vraiment rien dans ce buis-buis.

Betty : Stan, je te présente Isabelle qui est notre dernière copine.

Stan : Bonjour Isabelle : J’aurais aimé être avec vous au lycée, si toutes les filles étaient aussi jolies que vous mesdames.

Betty : Stan est un vil flatteur, mais d’un goût sûr, donc tu vois, tu n’as pas à t’inquiéter. Robert, c’est bien Robert ? Le mari d’Isa viendra nous rejoindre plus tard.

Stan : encore un ?

Isa : Comment ç a, encore un ?

Stan : je veux dire, encore un, encore une…. encore une femme mariée ? C’est super tous ces couples, tous ces maris qui accompagnent leurs femmes. C’est bien, c’est sain….Bon, je vais ranger les courses. (Il sort)

Paul : Ton mari a l’air surmené, non ?

Betty : Je ne sais pas, il est un peu bizarre, je ne l’ai jamais vu comme ça.

Isa : Je peux poser mes affaires ou ? Mon mari va bientôt arriver et c’est lui qui a la tente.

Betty : Viens, je vais te montrer ou mettre tes affaires en attendant.

Sarah : Je vous accompagne, les filles, on pourra tchatcher tranquille sans les hommes.

(Elles sortent et Paul reste seul)

 

Scène 8:                                                       

Paul : Je ne sais pas pourquoi, mais je ne le sens pas trop ce week-end. Il y a une ambiance bizarre et de plus en plus de monde. Moi qui aime la solitude. Ce week-end, sans Betty…..Ho Stan revient. Je me demande ce qu’il trafique celui-là ? (En se cachant. Stan entre aux aguets, le téléphone à l’oreille)

Stan : Sophie,  Sophie, écoute-moi s’il te plait. Ca fait dix mille fois que je te dis de ne plus m’appeler ici, je ne suis pas seul. Ma femme est dans le coin avec des amis, alors s’il te plait, arrête. Quoi ?...Oui, je sais que ton mari me cherche…J’ai cru le comprendre, mais il ne devrait pas me trouver ici. ….. Tu t’appelles Sophie Loiseau, d’accord et qu’est-ce que tu veux que ça me f…Non, non bien sûr, je sais que c’est ton nom. Et alors ?… C’est aussi le nom de ton mari, ça semble logique, jusque là. Tu ne m’as pas appelé pour me rappeler ton nom…..S’il vient, je saurais….oui, bon d’accord, mais, c’est…..Tu as peur….Faut pas ma chérie, ça va aller... Allez, je te laisse, bisous. Et ne me rappelle plus, merci. Je te laisse, j’ai un double appel. Bises, non, un client. Oui, oui…bises. (Il bouche son téléphone) Il va bientôt falloir que je la console parce que son mari veut me buter…. Allo, oui ? Géraldine ? Mais vous vous êtes toutes donné le mot aujourd’hui ? C’est pas vrai ça … Quoi ?.... qui toutes ?...Toutes, toutes mes clientes, tous mes clients qui n’arrêtent pas, alors que je suis en week-end….mais non, ma chérie, je n’ai pas d’autres maîtresses…Il n’y a que toi, mon amour. Tu le sais bien. Et tu sais aussi que je suis en week-end avec ma femme et des amis. C’est pas prudent d’appeler…TU t’en fous, je te manque….Je comprends, mais je te promets de passer te voir lundi soir… ma chérie…Oui, oui…Moi aussi, oui, mais ne m’appelle plus, ok ? Merci bises. (Il raccroche) Mais qu’elles sont chiantes, bordel. J’en ai marre de toutes ces connes et de leur mari. (Il balance son téléphone sur la table)

Betty : (en voix off) Stan, tu peux aller voir à l’entrée, dire au gardien qu’on sera au moins six personnes. J’ai oublié, fais vite mon chéri, il m’attend depuis un moment.

Stan : Ok, j’y vais. Ça va me détendre. (Il sort et Paul revient)

Paul : Eh bien, c’est un cas l’ami Stan. Je plains Betty, mais bon, ce n’est pas mon problème. Quand je disais que le week-end va être chaud, j’espère qu’il va se débrouiller avec le mari cocu. Je n’ai vraiment pas envie de prendre une balle perdue. Je m’éclipse (Il sort)

Noir      

                                                             

Scène 9:                                                       

Isa : oui, oui, c’était une prof terrible et on bavardait tout le temps. Qu’est-ce que j’ai pu prendre comme punition avec elle. (Le téléphone de Stan sonne) Il y a un téléphone qui sonne.

Betty : Je crois que c’est celui de Stan, mais je ne le vois pas.

Sarah : c’est celui qui est sur la table ? C’est une sonnerie ça ?

Betty : Oui, je crois que c’est le sien. (Elle décroche) Allo ? Bonjour...Qui je suis ? Hé bien, je suis madame martin. La femme de Stanislas Martin ? Oui, Mr... Et vous-même ? … Mr Loiseau…Non, mon mari s’est absenté un moment, voulez-vous le rappeler plus tard ? Non, d’accord…Ou sommes-nous ?...Mais, vous qui Mr Loiseau ? Un client, d’accord…je suis désolé, mais nous sommes en week-end et mon mari souhaite ne pas être dérangé….C’est important…un paquet qu’il attend depuis longtemps…très bien, si c’est important…Nous sommes dans un camping qui est entre deux villages Eglingen et Balschwiller. Vous ne pouvez pas vous tromper, Voilà…pas de quoi cher Mr…C’est ça, à tout à l’heure. (Elle repose le téléphone) Ils sont terribles ses clients, mais il laisse aussi son téléphone à tout le monde. Bon, on va se balader, les filles, en attendant que ton mari vienne ? (Elles sortent en discutant. Stan revient)

 

Scène 10:                                                  

Stan : Ha mon phone est là, pas le moment de le laisser trainer avec toutes ces folles qui se sont donné le mot aujourd’hui. Hop dans la poche. Bon, il est ou Paul que je l’aide à monter sa tente avant qu’il ne se fasse allumer par sa nana. Paul, viens m’aider….

(Il se retourne, Un mec bizarre est en face de lui en train de le regarde. Il a un étui à guitare ou à violon sur son épaule)

Stan : Haaaaa, vous êtes qui, vous ?

Robert : Restez cool, mec, c’est que moi. Je suis Bob, le mari.

Stan : Encore, mais c’est une idée fixe, ce n’est pas possible.

Robert : Mais moi, Bob,  je suis le bon. Celui qui t’amène tout ce qu’il faut pour un week-end d’enfer.

Stan : Vous pouvez préciser, parce qu’en ce moment, je mélange plutôt beaucoup.

Robert : T’inquiète, mec. Tu vois de quoi je veux parler. Je ne vais quand même pas le crier sur les toits. N’ importe où, tu peux toujours tomber sur un mouchard qui va te balancer aux flics. Ce que je trimbale ne se montre pas partout, surtout pas aux flics.

Stan : Haaa, oui, bien sûr….ça doit être lui, ce coup-ci ? Vous avez trouvé comment ?

Robert : Galère, mec, t’imagine pas, c’est vraiment dans le trou du cul du monde, ici.

Stan : Oui, j’espérais un peu, moi mais manifestement, quand on cherche bien, on trouve. N’est-ce pas ?

Robert : Tu m’étonnes, mec. Moi, Bob, je bourlingue un peu partout, alors ton camping, tu parles rien de méchant quand on sait se débrouiller. (Il tapote son étui) mais pas un mot à ma femme, fais pas le con, mec. Elle ne doit rien savoir de ça….remarque, là on est seul. Je pourrais sortir le pétard, maintenant, qu’on commence tout de suite, comme ça, on va tout de suite être bien, hein, mec ?

Stan : Bon, ce coup-ci, c’est le bon…mais, je ne le voyais vraiment pas comme ça. Sophie a de ces goûts ! Et, il a l’air si cool…On pourrait se passer de pétard et discuter de tout ça tranquillement. On devrait trouver un arrangement, Vous ne croyez pas, non ?

Robert : Appelle-moi Bob, mec, désolé mais pas de week-end sans pétard, question de survie, tu vois.

Stan : pas bien, non. Mais bon, si ça doit être le moment, alors.

Robert : Tu veux qu’on remette à plus tard ? Comme tu veux, mec, Mais après faudra partager et c’est de la bonne, je te promets.

Stan : De la bonne ? Bonne quoi ?

Robert : T’es trop drôle, toi mec.

Paul : Les femmes ne sont pas encore revenues, Stan ?

Stan : Ha Paul, venez là, je vous présente Bob qui est venu avec son pétard. (Il fonce se cacher derrière Paul)

Paul : bonjour

Robert : Salut, mec, moi c’est Bob.

Paul : enchanté, moi c’est Paul. Vous avez un pétard dans ce coffre. Vous n’allez pas le sortir maintenant ?

Robert : Un ! J’en ai un paquet, mec pour tout le week-end. Les meufs ne sont pas là, je le sort.

Stan et Paul : NON…

Robert : Cool, les gars, je sais être discret depuis le temps, flippez pas comme ça ! C’est qu’un pétard. Ma femme m’avait pas dit que t’étais un flippé comme ça ! C’est que de la beu.

Paul : (à Stan) ça doit être une marque de revolver.

(Robert ouvre son étui et sort un grand pétard pendant que Stan et Paul sont genou)

Stan et Paul : NON, s’il vous plait.

 

Scène 11:                         

(Sur cette image, les filles arrivent. Elles restent un peu arrêtées devant le tableau.)

Isa : Ha, Robert, tu es enfin arrivé. Vous faites quoi, là ?

Robert : rien, ma poule….ils …

(Stan et Paul se regardent ridicules. Paul se lève)

Paul : Nous étions en admiration devant l’étui de B…Robert.

Stan : Oui, c’est ça, nous admirions, n’est-ce pas B...Robert.

Robert : mais, ouaip, les mecs, c’est ça ma poule, c’est vous les plus forts les gars. C’est vrai qu’elle est belle ma valise.

Betty : Je ne comprendrais vraiment jamais les hommes. Bon, vous allez monter les tentes, messieurs, je crois qu’il est temps maintenant. Stanislas, tu leur montres ?

Robert : Vous voulez que je monte cette tente, tout seul ? Hé ben, on n’est pas couché.

Paul : On va t’aider, Robert, n’est pas Stan ? A trois, on va y arriver. C’est quoi comme tente ?

Robert : j’en ai pas la moindre idée, mec, c’est Isa qui la acheté.

(Les trois hommes sortent)

Noir                                                  

Scène 12:                                          

Sarah : pas un pour relever les autres. Paul est niais, ça, je le savais, mais les votre, ce n’est pas mieux. Il est un peu particulier ton ami, Isa.

Isa : C’est vrai, c’était une nostalgie de jeunesse, mon reste de baba cool et il m’a fait rire… Un moment, du moins. Avec le temps, il me fatigue, mais bon, il n’est pas gênant. Il fait ses trafics en s’imaginant que je ne sais, ni ne vois rien. Moi, je mène ma vie. Par contre, on aura de très bons pétards, ce soir. Il est réputé pour ses productions, mais il n’est réputé que pour ça.

Sarah : Comment ça des pétards ? De la drogue ?

Isa : Oui, Sarah, de la drogue très douce et qui te fait partir de façon agréable.

Sarah : Pour ce soir, Je préfèrerais rester ! Tu te drogues ?

Isa : Arrête  Sarah, c’est juste un petit joint de temps en temps. Je sais ou Robert les planque, alors de temps en temps, je vais lui en piquer un. J’en ai d’ailleurs amené quelque uns pour ce week-end. Mais, chut, pas un mot aux hommes, Il a dû amener de quoi faire pour tout le week-end.

Sarah : Bon, la fumée ne dérangera pas les voisins, au moins… Mais, alors vous vous droguez tous les deux ?

Betty : Sarah, c’est de la drogue douce, ça fait juste planer un peu. Tiens, j’en fumerai bien un ce soir, ça fait longtemps.

Sarah : Betty !! Je ne pensais pas que t’avais besoin de ça pour planer.

Isa : Sarah, tu es toujours aussi coincée toi, On t’a dis que c’est rien de grave. Tu verras ce soir après la bouffe, on va boire un bon verre de rouge et se fumer un pétard autour du feu. Tu vas adorer. Sinon, ton mec est pas mal Betty, tu es bien tombée.

Betty : oui, sûrement, il m’a mieux baratiné que les autres. Il était bel homme, après il s’est incrusté et je l’ai gardé et, hop ni vu ni connu, je t’embrouille, je me suis retrouvée mariée, mais je le regrette pas, il me fout la paix et me laisse du pognon. Je ne suis pas à plaindre.

Isa : Et coté…Tagada tzoin, tzoin ?

Betty : Le cul, tu parles ?

Sarah : Manifestement, tu ne planes pas tout le temps.

Betty : Ho, Sarah, le cul, c’est le cul… Ben de temps en temps, sans plus. Plus rien de magique, le temps passe quoi. Et toi Isa ?

Isa : Ben, ça dépend…

Betty : Ca dépend de quoi ? De ton humeur, de la sienne ?

Isa : Non, des hommes. Il y en a de tous les styles. Vraiment à boire et à manger.

Sarah : Tu…changes souvent de cantines ?

Isa : D’abord, ce n’est pas mon mari, mais mon ami donc, c’est moins grave et puis de temps en temps, voir autre chose, ça fait du bien. T’as jamais trompé ton Paul ?

Sarah :   Tromper Paul ? Euh, ça ne me viendrait même pas l’esprit

Isa : Et lui ?

Sarah : Ben, non… Tu l’as vu ?

Betty : Ben oui justement, il est resté bel homme. Enfin chacun sa vie, Isa, par contre, toi tu as bien changé. Bon, on va voir ce que font nos hommes ?

Noir      

                                                            

Scène 13 :                                                     

(La scène montre l’autre coté de la tente installée, ouverture en face, les trois hommes sont en train de monter, une tente.)

Paul : Comment tu fais pour gérer tout ça ?

Stan : Quoi, tout ça ?

Paul : Stan, tu vois ce que je veux dire ?

Stan : Ah, tu veux parler du boulot, de ma boite, les clients…Classique, un peu de baratin, du feeling, un bon produit, mais surtout s’entourer de personnes de confiance qui peuvent faire le boulot pendant que je suis ailleurs. Voilà, c’est tout.

Robert : Oh les mecs, elle ne va pas se monter toute seule cette tente.

Paul : Ha, oui, merde, c’est vrai, je dois monter la tente. Je déteste faire ces trucs, j’en suis assez incapable.

Stan : Pas de soucis, mon vieux, tu as l’homme de la situation. Gérer les problèmes, c’est mon lot de tous les jours. Improvisation, adaptation, domination, c’est mon leitmotiv. Tu vas voir.

Paul : Ca fait un peu militaire comme devise, non ?

Stan : ha, ouaip ? Tiens c’est marrant, je voulais être bidasse, étant jeune. La vie en a voulu autrement. Bon, on y va ? Elles vont finir par râler. Ne jamais faire râler une femme !

Paul : avec la tienne, ça tient peut-être, mais Sarah, pour qu’elle ne râle pas, tu peux y aller, elle ne vit que pour ça. Mais bon, là, elles doivent surtout papoter et raconter leurs derniers achats sur internet. Maintenant, elles ne se déplacent même plus pour trouver les bonnes affaires. Elles ont juste à cliquer avec leur petites souris. Elles restent dans leur trou.

Stan : Bon, vois le bon coté des choses, on a plus à les suivre dans la cohue des soldes, plantés devant les cabines d’essayages surveillés par les vendeuses qui nous prennent pour des voyeurs et pour finir le retour les bras chargés des superbes soldes de Madame. Non, maintenant, tout arrive à la maison. Plus que le défilé de mode à se taper dans le salon. Super gain de temps pour moi, j’adore.

Paul : Je n’avais pas pensé à ce coté des choses, mais tu as raison.

Stan : on est les esclaves de ces dames, alors, quelques concessions et je suis peinard pour le reste.

Paul : Le reste ?

Stan : Ben, le reste, quoi. Paul ? Aller faire du tennis, du golf, des trucs de mecs quoi !

Paul : Ha oui, qu’entre mecs, alors !

Stan : Mais oui, Les femmes demandent beaucoup d’attentions, faut les ménager, les rassurer, leur faire des surprises. Savoir, par exemple, prendre un week-end complet en camping pour effacer les absences du reste de l’année.

Paul : Et tu trouves le temps pour tout ça avec ta boite ?

Stan : A cœur vaillant, rien d’impossible, mon vieux. Mais des fois, il y a un grain de sable qui se glisse dans la mécanique, et, là, il faut : Improvisation, adaptation, domination. Bon, Robert, tu nous donnes un coup de main ?

Robert : Peux pas, je suis occupé. (Il se roule un pétard)

Paul : ha je vois.

(Stan est en train de déplier la tente et il galère.)

Stan : c’est quoi cette tente ? T’as trouvé ça ou, Robert ? Ça ne se fait plus ces modèles. Maintenant, on jette la tente et elle se déplie toute seule. C’est une vraie merde, ce truc.

Robert : C’est pour ça que je n’essaye même pas.

Paul : Tu veux que je t’aide,  Stan ?

Stan : Non, c’est bon, c’est rien qu’une tente, ça doit pas être compliqué quand même de monter une tente, même une merde pareille. (Stan est à l’intérieur de la tente complètement empêtré dedans en train de râler)

Paul : J’ai trouvé la notice de montage, ça peut aider, non ?

Stan : Je m’en fous de ta putain de notice, c’est, quand même, pas moi qui vais avoir besoin d’une notice pour monter une tente, quand même, non ? Je ne suis pas chef d’entreprise pour rien, merde.

 

Scène 14 :                                        

Paul : Je vais essayer de t’aider Stan, attends. (Paul tombe sur Stan, Robert vient les aider et les trois se retrouvent emmêlés dans la tente, en se débattant pour s’en sortir. Les filles arrivent en papotant et, devant le spectacle, se prennent d’un fou rire terrible et vont aider les garçons à s’en sortir. Lorsque Paul et Robert sont debout.)

Betty : Ou est Stan, il ne vous aide pas à monter la tente ?

Sarah : Paul, et notre tente ? Tu comptais nous faire dormir à la belle ?

Paul : Ma chérie, j’aide Robert et je te monte ta tente, promis.

Betty : Stan est ou ?

Paul : Il est là.

Robert : Je crois qu’il l’essaye tout de suite ou il a peur qu’il pleuve !

Betty : Stan : Tu fais quoi dans cette tente ? Enfin, les garçons, vous ne savez pas monter une tente ?

Stan : (De l’intérieur) : Ce n’est pas une femme qui va m’apprendre à monter une tente, non, quoi merde à la fin ! (Il s’empêtre un peu plus et tombe dans la tente. Il gueule comme un putois. Tout le monde se précipite pour l’aider.)

Betty : Mon pauvre Stanislas, tu te couvres de ridicule, sort de là et laisse nous faire, aidez-moi les filles.

Stan : Bon d’accord, mais cette p…de tente, c’est une vraie merde !

Isa : Je suis désolé, elle était en promo et je me suis dis que pour un week-end ça devrait aller.

Stan : oui, bon, d’accord, c’est, peut-être moi qui ai perdu la main.

Paul : Pourtant, Stan : Improvisation, adaptation, domination, tu devrais dominer la situation, non ?

Robert : L’homme de la situation !

Stan : Oh, c’est facile ça, les gars. Des fois, il y a un grain de sable, voilà. (Un ange passe.)

Robert : Je ne veux rien dire, mais les nanas assurent mieux que vous, les mecs. Elles ont l’air de savoir ce qu’elles font. Elle se monte cette tente.

Stan : Avec un mode d’emploi, forcément, moi aussi, j’aurai pu…..bon d’accord, je ne dis plus rien.

Sarah : Stan, permettez-moi de vous dire que vous êtes exaspérant.

Stan : Je vous l’accorde, ma chère Sarah. Je reconnais même que vous avez fait du bon travail, mesdames. Je n’aurais pas fais mieux ! Je vais chercher le reste des affaires et on s’attaque à votre tente.

Betty : On y va tous ?

Les autres : Ok

Noir       

                                                 

Scène 16 :                                              

Paul : Ben mon vieux, celui-là, il n’a peur de rien, et moi, je sais monter une tente, non pas de mode d’emploi pour moi, et nanani nananère…Je ne suis pas patron pour rien. (Barnabé arrive derrière lui)

Barnabé : Bonjour Monsieur.

Paul : Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous ?

Barnabé : Vous êtes Mr Martin ?

Paul : Oh oh…je n’ai pas ce plaisir.

Barnabé : Donc, vous le connaissez ? Un parent ? Un ami ? Peut-être un complice ?

Paul : Non, non, je n’ai pas l’honneur de connaitre ce monsieur.

Barnabé : Vous mentez mal, monsieur.

Paul : Mais, enfin, monsieur, monsieur ?

Barnabé : Loiseau, monsieur Barnabé Loiseau, pour vous servir. Vous vous êtes trahi en disant que vous n’aviez pas ce plaisir. Oui, oui, ne le niez pas, j’ai le nez creux pour ces affaires-là. La psychologie n’a pas de secret pour moi, Barnabé Loiseau. On ne me la fait pas à moi. Donc, vous enviez monsieur Martin ?

Paul : Ah, non, ça surement pas.

Barnabé : Vous voyez vous le connaissez, reconnaissez-le.

Paul : Qu’est-ce que vous voulez que je reconnaisse ?

Barnabé : Que vous connaissez Mr Martin.

Paul : Pourquoi voulez-vous que je le reconnaisse ?

Barnabé : Parce que vous l’avez déjà vu et que vous pourrez me le montrer afin que je le connaisse aussi.

Paul : Si vous le connaissez, pourquoi voulez-vous que je vous le montre ?

Barnabé : Pour que je le reconnaisse.

Paul : Pourquoi voulez-vous le reconnaitre si vous le connaissez déjà ?

Barnabé : Mais je ne le connais pas ! Monsieur, c’est vous….

Paul : Si, vous venez de dire que vous le connaissiez.

Barnabé : Mais jamais de la vie. Je le cherche, mais je ne le connais pas.

Paul : Comment peut-on chercher quelqu’un qu’on ne connait pas ?

Barnabé : C’est une affaire…privée dont je veux parler avec ce monsieur.

Paul : Donc, vous le connaissez ? Reconnaissez-le.

Barnabé : Qu’est-ce que vous voulez que je reconnaisse ?

Paul : Que vous connaissez Mr martin.

Barnabé : Pourquoi voulez-vous que je le connaisse ?

Paul : Parce que vous l’avez déjà vu et que vous pourriez…

Barnabé : Non, je ne l’ai jamais vu !

Paul : Ah mais, ça change tout, alors il faut le chercher là ou il est.

Barnabé : hé bien, j’étais venu vous demander ou il est.

Paul : Je ne peux pas le savoir puisque je ne le connais pas. Vous dis-je.

Barnabé : C’est bien la place 64 ?

Paul : ben oui. Pourquoi ?

Barnabé : Parce qu’il m’a dit qu’il était à la place 64.

Paul : Qui ?

Barnabé : Mr Martin.

Paul : Mr Martin, que vous ne connaissez pas, vous a dit qu’il était à la place 64 ?

Barnabé : Non, le gardien.

Paul : Le gardien est à la place 64 ?

Barnabé : Non, Mr Martin.

Paul : Mr Martin vous a dit….

Barnabé : NON, le gardien m’a dit que la seule place occupée par des nouveaux, c’est la 64.

Paul : Ah, voila, il ne vous a pas dit que Mr martin était à la place 64.

Barnabé : Non, mais comme Mr Martin est au camping ici, j’en ai déduit qu’il était à la place 64.

Paul : Mauvaise déduction, il n’y a pas de Mr Martin.

Barnabé : Il est forcément là, il n’y a pas cinquante campings dans le coin, non ?

Paul : Oui, bien sûr…..Mais non, enfin mais si, il ya un camping juste de l’autre coté du village. Il est forcément là-bas.

Barnabé : Vous êtes sûr ?

Paul : Ben, si il n’est pas là, et il n’est pas là, n’est-ce-pas ? Bon, alors il est ailleurs.

Barnabé : Si vous le dites.

Paul : Ah ça, oui, garanti.

Barnabé : Je vous remercie, monsieur, au plaisir, excusez le dérangement. (Il s’en va comme il est venu)

 

Scène 17 :                                          

Paul : Oullalala, je dois tout de suite prévenir Stan, parce que ce cocu-là ne me semble pas commode. Enfin, il est parti pour un petit moment. Tout de même, se mettre dans des situations pareilles. Je ne comprends pas. (Les autres reviennent en parlant). Bon, prévenir Stan discrètement.

Sarah : Paul, aide moi, c’est lourd…T’as pas rangé grand-chose.

Paul : Je…Comment dire ? Je rêvassais un peu.

Sarah : Mauvaise influence, tu commences à planer.

Stan : Sarah, reste cool, nous avons tout le week-end.

Paul : Oui, c’est ça Stan, tout le week-end, même si, des fois, il y a des grains de sable, des gros grains de sable. (Il essaye d’attirer l’attention de Stan.) Et puis, ici, c’est la nature, un trou paumé ou on ne peut pas nous trouver. Et pourtant, en cherchant bien, certains sont tenaces, voire capables de tout. Ils cherchent, ils cherchent et trouvent !

Stan : Tu vas bien Paul, tu me semble très…lyrique.

Paul : C’est l’environnement…Les oiseaux, oui, c’est ça les oiseaux font du bruit, oullalala, beaucoup de bruit…

Isa : C’est marrant, mais je ne les entends pas.

Betty : Ah, à ce propos, tout à l’heure un de tes clients a appelé sur ton portable que tu avais laissé sur la table.

Stan : Oh, ma chérie, les clients ici, on s’en fout. Il rappellera lundi !

Betty : Il disait qu’il avait quelque chose d’important pour toi.

Stan : Important ? Je n’attends rien de spécial, J’ai dis pas de boulot ce week-end. Je suis là pour toi, ma chérie.

Betty : Je le lui ai dis, mais il a insisté.

Stan : Il t’a dit son nom ?

Betty : Oui, Mr Loiseau.

Stan : ha bon, je ne vois pas. Mr Loiseau….Ho putain, Sophie !

Betty : Ah, non, c’était un monsieur.

Stan : Oh putain, c’est le ma…enfin le …le… Et tu lui as dis quoi ?

Betty : Ben, comme il insistait pour te remettre son truc, je lui ai indiqué le camping. Mais il a promit qu’il ne ferait que passer.

Stan : Ho, nom de dieu, mais alors, il va venir ?

Betty : Oui, il avait l’air pressé, je ne comprends pas, d’ailleurs, qu’il ne soit pas encore venu.

Stan : Mais, on ne laisse pas un …Client venir comme ça, on le détourne, on l’envoie balader, on l’envoie sur les roses, je ne sais pas, moi, on lui dit n’importe quoi, mais on ne le laisse pas venir, on lui ment si nécessaire. Mais, on ne m’offre pas, moi sur un plateau, on réagit, quoi, merde.

Betty : Je voulais te faire plaisir, mon chérie, je sais comme ton boulot est important.

Stan : mais ça me fait plaisir, énormément même. Mais bon voilà, je…Pffff… vais faire comment, maintenant ?

Betty : Ce n’est donc pas grave, on va finir de ranger et il ne va tarder. Il te remet ton paquet. C’est quoi, au fait ?

Stan : mais je ne sais pas moi, ça peut être n’importe quoi. Va savoir avec les cocus...cocos, ces cocos-là. C’est ça rangeons. (Tout le monde va dans les tentes, Stan reste prostré devant, Paul le rejoint.)... A suivre